L’amortissement LMNP en résidence gérée permet aux investisseurs en location meublée de réduire fortement la fiscalité sur leurs loyers tout en sécurisant la gestion du bien. Cette page détaille le fonctionnement de ce mécanisme, ses règles fiscales récentes ainsi qu’une méthode de calcul pas à pas avec un exemple chiffré.
Amortissement LMNP en résidence gérée : méthode de calcul détaillée et exemple chiffré
Temps de lecture : ~10 min
- Qu’est-ce que l’amortissement LMNP en résidence gérée
- Les règles fiscales 2025-2026 en LMNP résidence gérée
- Comment calculer l’amortissement LMNP en résidence gérée
- Exemple chiffré EHPAD 150 000 €
- Avantages et limites
- FAQ
- En résumé
Qu’est-ce que l’amortissement LMNP en résidence gérée
L’amortissement en location meublée non professionnelle correspond à la traduction comptable de la perte de valeur du bien et de son mobilier dans le temps. Concrètement, le prix d’achat hors terrain est réparti sur une durée d’usage afin de déduire chaque année une fraction de ce coût des loyers imposables.

En résidence gérée (EHPAD, seniors, étudiante, affaires, tourisme) vous signez un bail commercial avec un exploitant qui vous verse un loyer. Les revenus relèvent de la catégorie BIC ; au régime réel il est alors possible de déduire toutes les charges et d’appliquer des amortissements linéaires. Calculé correctement, l’amortissement neutralise souvent l’impôt sur les loyers pendant de nombreuses années, même après les réformes 2025-2026.
Les règles fiscales 2025-2026 en LMNP résidence gérée
Régime réel simplifié et article 39 C du CGI
En 2026 :
1. Les loyers sont imposés en BIC.
2. Le régime réel simplifié est accessible sur option.
3. Au réel, l’investisseur déduit les charges courantes (intérêts, taxe foncière, assurance, honoraires, etc.) et les amortissements de l’immobilier comme du mobilier.
L’article 39 C du CGI plafonne toutefois ces amortissements : ils ne doivent ni créer ni augmenter un déficit BIC non professionnel. Lorsque la dotation calculée dépasse le plafond (loyers bruts − charges hors amortissements), l’excédent est mis en « amortissements réputés différés » utilisables ultérieurement.
Réforme de la plus-value et exception des résidences gérées
La réforme récente prévoit la réintégration des amortissements dans la base taxable à la revente pour la location meublée classique, réduisant ainsi l’avantage global. Les résidences gérées (EHPAD, seniors, étudiantes) conservent cependant un régime dérogatoire qui maintient tout l’intérêt du LMNP réel après 2026, à condition de respecter le cadre réglementaire.
Comment calculer l’amortissement LMNP en résidence gérée
1 Déterminer la base amortissable
La base amortissable comprend la valeur du bâti hors terrain, la valeur du mobilier et une fraction des frais d’acquisition. En pratique, 80 % à 85 % du prix global sont affectés au bâti et 15 % à 20 % au terrain (non amortissable). Les équipements fournis (lit, bureau, kitchenette, électroménager…) constituent un poste mobilier amorti sur une durée plus courte.
2 Ventiler par composants
La méthode par composants décompose le bâti en familles possédant chacune une durée d’usage spécifique.
| Composant | Part de la valeur immobilière | Durée (ans) | Taux annuel |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre | 45 % | 50 | 2 % |
| Façades & étanchéité | 10 % | 20 | 5 % |
| Installations techniques | 15 % | 15 | 6,67 % |
| Aménagements intérieurs | 15 % | 15 | 6,67 % |
| Autres éléments | 15 % | 25 – 30 | 3,3 – 4 % |
Le mobilier est généralement amorti sur 7 ans (parfois 10).
3 Appliquer la formule de calcul
Pour chaque composant : Dotation annuelle = Valeur du composant / Durée. La somme des dotations constitue l’amortissement théorique.
4 Respecter le plafonnement par les loyers
Amortissement déductible maximum = Loyers bruts annuels − Charges hors amortissements. Si la dotation théorique excède ce plafond, le surplus est reporté en amortissements différés.
5 Point de départ de l’amortissement
L’amortissement commence à la date de début d’activité déclarée via le formulaire P0i, non à la date d’achat. La première année, la dotation est calculée prorata temporis.
Exemple chiffré EHPAD 150 000 €
Hypothèses de départ
Achat en 2026 : 150 000 € acte en main. Terrain 15 % (non amortissable). Bâti 85 % soit 127 500 €. Mobilier inclus : 10 000 €. Loyer hors taxes : 7 875 € (rendement 5,25 %). Charges hors amortissements : 2 875 €.

Étape 1 – Base amortissable
Bâti amortissable : 127 500 € sur 30 ans.
Mobilier : 10 000 € sur 7 ans.
Étape 2 – Dotations théoriques
Immobilier : 127 500 / 30 ≈ 4 250 €/an.
Mobilier : 10 000 / 7 ≈ 1 429 €/an.
Total théorique ≈ 5 679 €/an.
Étape 3 – Application du plafonnement
Loyers – charges = 7 875 − 2 875 = 5 000 €.
Amortissement déductible plafond : 5 000 €.
Amortissement pratiqué année 1 : 5 000 €.
Amortissement différé créé : 679 €.
Étape 4 – Effet année par année
Si les flux restent constants, le résultat fiscal demeure nul chaque année tandis qu’environ 679 € d’amortissements différés s’ajoutent annuellement jusqu’à la fin de la 7e année. À ce stade, 35 000 € auront été déduits et 4 753 € resteront en réserve.
Synthèse de l’économie fiscale
Sans amortissement, les 5 000 € de résultat annuel seraient soumis à l’impôt sur le revenu (jusqu’à 45 %) et aux prélèvements sociaux. Grâce à l’amortissement LMNP, le résultat fiscal est nul pendant de nombreuses années, alors même que les loyers sont perçus en trésorerie.
Avantages et limites de l’amortissement en résidence gérée
Les principaux atouts
- Neutralisation durable de la fiscalité sur les loyers via l’amortissement.
- Bail commercial : gestion confiée à l’exploitant et visibilité sur les loyers.
- Régime LMNP préservé pour les résidences gérées après 2026.
- Possibilité d’optimiser le levier crédit / charges pour l’autofinancement.
Points de vigilance
L’amortissement exige une comptabilité rigoureuse ; la clé terrain/bâti doit refléter le marché ; le choix entre micro-BIC et réel se décide dès l’origine ; enfin, il faut anticiper l’impact de la plus-value à la revente.
FAQ
Comment choisir entre micro BIC et régime réel ?
Le micro BIC applique un abattement forfaitaire (souvent 50 %) et ne permet aucun amortissement. En résidence gérée, les amortissements et les charges réelles sont généralement supérieurs à cet abattement ; le régime réel simplifié est donc presque toujours plus avantageux.

Peut-on amortir le terrain ?
Non. Le terrain n’est jamais amortissable ; on en isole la quote-part (15 % à 20 % du prix) avant de calculer les amortissements.
Quand débute l’amortissement ?
À la date de début d’activité déclarée en LMNP (formulaire P0i) et à la mise en exploitation effective du logement. La première dotation est proratisée si l’activité commence en cours d’exercice.
Que deviennent les amortissements en cas de revente ?
Pour la location meublée classique, ils sont réintégrés dans la base de plus-value. Les résidences gérées bénéficient d’un régime dérogatoire préservant l’avantage du LMNP réel ; un calcul préalable s’impose avant toute cession.
En résumé
L’amortissement LMNP en résidence gérée transforme un loyer brut en rente quasi défiscalisée. En distinguant terrain, bâti et mobilier puis en appliquant des durées d’usage réalistes, l’investisseur efface son résultat fiscal pendant de longues années sans altérer sa trésorerie. Pour aller plus loin : immobilier-placements.fr/blog.