Depuis la loi de finances pour 2025, la revente d’un bien loué en meublé ne se calcule plus comme avant. Les amortissements déduits pendant l’exploitation sont désormais repris via la réintégration amortissement LMNP plus-value : ils viennent réduire le prix d’acquisition retenu, donc augmenter la plus-value imposable.
Cette mesure inquiète de nombreux investisseurs, souvent au-delà de son périmètre réel. Car tous les loueurs en meublé non professionnels ne sont pas logés à la même enseigne, et certains segments, dont les résidences gérées, restent expressément exclus du dispositif. Voici ce que change concrètement la réintégration de l’amortissement LMNP dans la plus-value, qui elle vise, et qui elle épargne.
Réintégration amortissement LMNP plus-value, qui est visé
Temps de lecture : ~8 min
- Ce que prévoit exactement la réforme de la plus-value LMNP
- Comprendre l’amortissement au régime réel avant d’en mesurer l’impact
- Combien cela change à la revente, exemple chiffré
- Réintégration amortissement LMNP plus-value, qui est concerné et qui est épargné
- Pourquoi les résidences gérées restent le segment le plus stable
- Que faire si vous détenez déjà un bien meublé au régime réel
- Aller plus loin avec la réintégration amortissement LMNP
- Questions fréquentes
Ce que prévoit exactement la réforme de la plus-value LMNP
Avant et après la réforme
Jusqu’au 14 février 2025, un loueur en meublé non professionnel au régime réel BIC bénéficiait d’une situation fiscale particulièrement favorable. Il déduisait chaque année un amortissement du bâti et des frais d’acquisition de ses loyers, ce qui neutralisait tout ou partie de son résultat imposable.
Il revendait ensuite son bien selon le régime des plus-values privées des particuliers, sans aucune correction du prix d’achat. Autrement dit, l’avantage fiscal obtenu pendant la détention n’était jamais repris à la sortie.
L’article 84 de la loi n°2025-127 du 14 février 2025 a modifié l’article 150 VB du Code général des impôts. Le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value immobilière doit désormais être minoré des amortissements effectivement déduits des revenus imposables. La Direction générale des Finances publiques confirme cette lecture, en précisant que le prix d’acquisition est diminué du montant des amortissements admis en déduction.
La mesure s’applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025, quelle que soit la date d’achat ou de mise en location du bien, et elle porte sur l’ensemble des amortissements pratiqués depuis l’acquisition, y compris ceux antérieurs à 2025.
Le régime de taxation, lui, ne change pas. La plus-value reste soumise à l’impôt sur le revenu au taux de 19 % et aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %, avec les abattements pour durée de détention habituels. Ce qui évolue, c’est l’assiette sur laquelle ces taux et ces abattements s’appliquent.
Comprendre l’amortissement au régime réel avant d’en mesurer l’impact
Fonctionnement de l’amortissement LMNP
Au régime réel simplifié BIC, le bien n’est pas amorti en bloc. Le plan d’amortissement décompose la valeur du bien en composants immobiliers : gros œuvre, façade, toiture, installations techniques, agencements, chacun avec sa propre durée. Le terrain, lui, n’est jamais amortissable.

À cette base s’ajoutent les frais d’acquisition immobilisés, frais de notaire, droits d’enregistrement, commission d’agence, lorsqu’ils ont été intégrés à l’actif plutôt que passés en charges immédiates.
Ce sont précisément ces amortissements immobiliers qui sont visés par la réintégration. Les charges courantes ne le sont pas. Les intérêts d’emprunt, la taxe foncière, les honoraires comptables, les charges de copropriété ou l’amortissement du mobilier ne viennent pas majorer la plus-value. La distinction est importante et c’est souvent elle qui fait la différence entre une estimation approximative et un calcul de plus-value LMNP au régime réel fiable.
Un point reste sensible, celui des amortissements non utilisés. Lorsqu’un exercice se solde par un résultat nul ou déficitaire, une fraction de l’amortissement est mise en report et n’a pas réduit le résultat imposable. Les analyses professionnelles convergent pour considérer que seuls les amortissements effectivement déduits entrent dans le calcul, les amortissements en report ne l’étant pas.
Les commentaires du Bulletin officiel des finances publiques restent attendus sur certains points techniques. En attendant, la prudence impose de faire valider le montant d’amortissement cumulé par un expert-comptable ou par le notaire chargé de la vente, à l’appui d’une analyse notariale de la réintégration des amortissements LMNP.
Combien cela change à la revente, exemple chiffré
Prenons une illustration volontairement simple, à titre pédagogique. Un investisseur acquiert un appartement meublé pour 200 000 € frais d’acquisition inclus. Sur douze années d’exploitation au régime réel, il déduit 60 000 € d’amortissements immobiliers. Il revend le bien 240 000 €.
Avec l’ancienne règle, la plus-value brute ressortait à 40 000 €, soit la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition. Avec la règle issue de la réforme, le prix d’acquisition corrigé tombe à 140 000 €, et la plus-value brute passe à 100 000 €.
Avant application des abattements pour durée de détention, la fiscalité globale de 36,2 % représente environ 14 500 € dans le premier cas, contre environ 36 200 € dans le second. L’écart, de l’ordre de 21 700 € dans cet exemple, correspond mécaniquement à la reprise de l’avantage obtenu pendant la détention.
Cet impact se lisse fortement avec le temps. Les abattements pour durée de détention restent pleinement applicables, avec une exonération d’impôt sur le revenu après vingt-deux ans de détention et une exonération de prélèvements sociaux après trente ans. Un investisseur qui conserve son bien sur une durée longue, ce qui correspond au profil patrimonial classique de préparation de la retraite, voit donc la portée de la mesure s’atténuer, voire disparaître.
Bon à savoir
La réforme ne remet en cause ni la déduction annuelle des amortissements, ni le mécanisme du report des amortissements non utilisés. Le régime réel BIC conserve donc tout son intérêt pendant la phase d’exploitation, quand il s’agit de générer un revenu locatif faiblement fiscalisé.
Réintégration amortissement LMNP plus-value, qui est concerné et qui est épargné
C’est le point que les articles généralistes traitent le plus mal. La mesure n’a pas vocation à frapper toute la location meublée. Le législateur a expressément exclu du dispositif plusieurs catégories de logements, parmi lesquelles les résidences services pour étudiants, les résidences services pour personnes âgées ou handicapées, et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Autrement dit, l’immobilier géré sous bail commercial n’entre pas dans le champ de la réintégration des amortissements.
À l’inverse, l’investissement en LMNP classique, appartement meublé loué en direct à un locataire particulier, en zone urbaine ou en location touristique, est bien concerné dès lors qu’il relève du régime réel. Le tableau suivant récapitule les situations.
| Situation | Régime de plus-value applicable | Réintégration des amortissements | Abattement pour durée de détention |
|---|---|---|---|
| LMNP classique au régime réel | Plus-value privée des particuliers | Oui, sur les amortissements immobiliers déduits | Oui |
| LMNP au micro-BIC | Plus-value privée des particuliers | Non, aucun amortissement n’est déduit | Oui |
| LMNP en résidence gérée étudiante, séniors ou EHPAD | Plus-value privée des particuliers | Non, exclusion prévue par la loi | Oui |
| Loueur en meublé professionnel | Plus-value professionnelle | Régime distinct, hors champ de la mesure LMNP | Règles propres au régime professionnel |
| Détention via une SCI à l’impôt sur les sociétés | Plus-value professionnelle de la société | Amortissements déjà repris par nature à la cession | Non |
Trois profils sont donc épargnés en pratique. D’abord les loueurs au micro-BIC, qui n’amortissent pas et n’ont rien à réintégrer, même si l’abattement forfaitaire du micro-BIC reste moins performant sur la durée. Ensuite les loueurs en meublé professionnels, qui relèvent des plus-values professionnelles et d’une logique fiscale autonome. Enfin, et c’est l’essentiel pour un investisseur patrimonial, les détenteurs de lots en résidences services sous bail commercial.
Pourquoi les résidences gérées restent le segment le plus stable
Cette exclusion n’est pas un détail technique, elle traduit une logique d’intérêt général. Les résidences étudiantes, les résidences séniors et les EHPAD répondent à des besoins structurels de logement et d’accompagnement. Décourager fiscalement l’investissement privé dans ces actifs reviendrait à tarir le financement de leur développement. Le législateur a donc sanctuarisé ce segment, alors même qu’il durcissait les règles pour la location meublée de droit commun.

Pour un investisseur, la conséquence est concrète. Un lot en résidence gérée continue de cumuler trois atouts : un revenu locatif largement neutralisé par l’amortissement pendant l’exploitation, une gestion intégralement confiée à l’exploitant via le bail commercial, et une fiscalité de cession restée sur l’ancien schéma, sans correction du prix d’acquisition. C’est exactement ce qui justifie notre spécialisation dans les résidences médicalisées EHPAD et les résidences séniors. Nous sommes le seul cabinet spécialiste qui sélectionne, analyse et accompagne dans les résidences gérées LMNP qui résistent à toutes les réformes.
À retenir
La réforme de 2025 a creusé l’écart entre le meublé classique et l’immobilier géré. Le premier a perdu une partie de son avantage de sortie, le second conserve l’intégralité de son cadre fiscal.
Que faire si vous détenez déjà un bien meublé au régime réel
Analyser votre situation LMNP
Avant toute décision de vente ou d’arbitrage, une analyse chiffrée s’impose. Il ne s’agit pas de réagir à une réforme, mais de vérifier où se situe votre situation réelle dans le nouveau cadre. Les points à contrôler sont peu nombreux mais structurants.
Voici la démarche que nous suivons lors d’un bilan patrimonial sur un actif meublé détenu au régime réel :
- Identifier la nature exacte du bien, location meublée de droit commun ou lot en résidence services relevant d’une catégorie exclue.
- Reconstituer le montant d’amortissement cumulé effectivement déduit, en isolant les amortissements en report et l’amortissement du mobilier.
- Simuler la plus-value imposable avec les abattements liés à votre durée de détention réelle et projetée.
- Comparer les scénarios de conservation, d’arbitrage vers une résidence gérée, ou de transmission anticipée par donation ou démembrement.
La question du véhicule de détention mérite aussi d’être posée. La presse patrimoniale spécialisée invite désormais à comparer le LMNP et la SCI à l’impôt sur les sociétés, cette dernière amortissant également le bien mais reprenant les amortissements à la cession, sans abattement pour durée de détention. La réponse dépend de votre horizon, de votre taux marginal d’imposition et de votre objectif final, revenu complémentaire ou transmission. Il n’existe pas de réponse universelle, seulement des arbitrages personnalisés.
Aller plus loin avec la réintégration amortissement LMNP
La réintégration des amortissements dans la plus-value LMNP est une mesure ciblée, pas une remise en cause globale du statut. Elle concerne les cessions intervenues depuis le 15 février 2025, porte sur les amortissements immobiliers effectivement déduits au régime réel, et augmente mécaniquement l’assiette imposable des locations meublées de droit commun. Elle épargne le micro-BIC, le régime professionnel et surtout les résidences services étudiantes, séniors et EHPAD, expressément exclues par la loi.

Pour un investisseur qui cherche un revenu régulier, une gestion totalement déléguée et un cadre fiscal lisible sur quinze ou vingt ans, cette réforme confirme la pertinence de l’immobilier géré. Nous analysons chaque résidence, chaque exploitant et chaque bail avant de vous proposer un lot, et nous chiffrons systématiquement le rendement net et l’impact fiscal à l’entrée comme à la sortie. Nos analyses et nos fiches résidences sont consultables sur notre blog dédié à l’investissement LMNP, et nous restons disponibles pour un échange sur votre situation, en agence comme en visio.
À retenir sur la réintégration amortissement LMNP plus-value
La réforme 2025 ne supprime pas l’intérêt du statut LMNP, mais en modifie l’équilibre entre fiscalité pendant l’exploitation et fiscalité à la revente. Elle renchérit la sortie des locations meublées de droit commun au régime réel, tout en préservant le micro-BIC, le régime professionnel et surtout les résidences gérées. L’enjeu n’est donc pas de renoncer à la location meublée, mais de choisir le bon support et le bon cadre de détention au regard de votre horizon patrimonial.
FAQ
Les amortissements du mobilier sont-ils réintégrés dans la plus-value ?
Non. La réintégration vise les amortissements immobiliers, c’est-à-dire ceux portant sur le bâti et sur les frais d’acquisition immobilisés. Le mobilier et les équipements suivent leur propre traitement comptable et ne viennent pas majorer la plus-value immobilière.
Un investisseur non résident est-il traité différemment ?
Le calcul de la plus-value obéit aux mêmes règles, avec la même correction du prix d’acquisition. Les taux applicables et les éventuelles conventions fiscales bilatérales peuvent en revanche modifier le montant final dû, ce qui justifie une simulation dédiée avant toute cession.
La réforme s’applique-t-elle en cas de donation ou de succession ?
La mesure concerne les cessions à titre onéreux. Une transmission à titre gratuit relève de règles propres, avec purge de la plus-value latente au décès dans le cadre successoral. C’est un paramètre à intégrer très en amont dans une stratégie de transmission.
Faut-il basculer au micro-BIC pour éviter la réintégration ?
Rarement. Le micro-BIC supprime l’amortissement, donc la réintégration, mais il alourdit nettement l’imposition annuelle des loyers. Sur la durée de détention, l’arbitrage penche le plus souvent en faveur du régime réel, y compris pour un bien concerné par la mesure.
Le BOFiP a-t-il précisé tous les cas particuliers ?
Pas encore sur l’ensemble des points techniques, notamment le traitement des amortissements en report. En attendant ces commentaires, faire valider le calcul par un expert-comptable ou un notaire reste la démarche la plus sûre avant de signer un compromis.